Repères essentiels
- Une subordonnée sans conjonction ne commence pas par que/si ni par une locution conjonctive ; elle se reconnaît à sa forme verbale non fléchie (infinitif, participe) ou à un mot interrogatif qui remplace la conjonction.
- Trois familles utiles en 3e :
- Infinitive : verbe à l’infinitif, parfois avec son propre sujet.
- Participiale : groupe au participe avec sujet exprimé, détaché par une virgule.
- Interrogative partielle : introduite par qui, que, quoi, où, quand, comment, pourquoi, combien, lequel… ; sans inversion ni « est-ce que ».
1) La subordonnée infinitive
a) Formes principales
- Sans sujet exprimé (sujet contrôlé par la principale)
- Verbes fréquents : volonté, projet, sentiment, tentative, mouvement… ; prépositions fréquentes à / de / pour, mais aussi sans, afin de, avant de, après (infinitif passé), au lieu de, de peur de, de crainte de, en vue de, de manière à.
- Ex. « Vous promettez de venir. » ; « Pour réussir, vous révisez. »
- Remarque : « Il va partir » n’est pas une subordonnée infinitive mais une périphrase verbale (aller + infinitif).
- Avec sujet propre (construction dite accusatif + infinitif)
- Après verbes de perception ou causatifs : voir, entendre, sentir, écouter, regarder, laisser, faire…
- Ex. « Je vois les élèves courir. » ; « On laisse le public entrer. »
b) Fonctions fréquentes
- COD d’un verbe de la principale : « Il espère réussir. »
- Complément de l’adjectif/nom : « prêt à commencer ; le désir de partir. »
- Circonstancielle de but avec pour + infinitif : « Pour se faire comprendre, parlez lentement. »
- Sujet réel avec il explétif : « Il est utile de réviser. »
c) Repères de sens
- L’infinitif exprime une action envisagée ou générale, sans personne ni temps propres ; le repère temporel vient de la principale. L’infinitif passé marque l’antériorité : « Après avoir fini, vous partez. »
d) À ne pas confondre
- Périphrases verbales : aller + infinitif, venir de + infinitif → pas de subordonnée.
- Nom + à + infinitif de valeur adjectivale/finale : « une leçon à apprendre », « un texte à compléter » → complément du nom, pas une complétive.
- pour + infinitif est un groupe prépositionnel ; au collège, on l’analyse souvent comme un segment de but équivalent à une circonstancielle non fléchie.
2) La subordonnée participiale
a) Définition et forme
- Groupe détaché contenant un participe (participe présent en -ant ou participe passé) et un sujet exprimé distinct de celui de la principale ; le tout est séparé par une virgule.
- Participe présent (simultanéité) : « La cloche sonnant, la cour se vide. »
- Participe passé (antériorité ou résultat) : « Le devoir rendu, vous sortez. » ; « Le professeur étant absent, le cours est annulé. »
b) Rôles sémantiques
- Temps : « La cloche sonnant, la cour se vide. »
- Cause : « Le professeur étant absent, le cours est annulé. »
- Condition / concession / opposition selon le contexte : « Le temps manquant, nous abrégeons. »
c) Accord et construction
- Participe présent : invariable en emploi verbal.
- Participe passé : s’accorde selon les règles habituelles :
- Accord si employé avec être ou à valeur adjectivale dans la participiale : « Les copies rendues, vous pouvez partir. » ; « Les portes étant restées ouvertes… »
- Pas d’accord si régi par avoir sans COD antéposé.
- La participiale possède son sujet ; si le sujet est le même que dans la principale, on préfère un gérondif ou un participe présent sans sujet : « En sortant, vous saluerez. »
d) Ponctuation
- Toujours détachée par une virgule (en tête, en incise ou en fin de phrase) pour marquer son autonomie.
3) L’interrogative indirecte partielle
a) Définition
- Elle rapporte une question ouverte introduite par un mot interrogatif (qui, que, quoi, où, quand, comment, pourquoi, combien, lequel…), sans inversion ni « est-ce que ».
- Ex. « Je me demande où vous allez. » ; « Expliquez comment vous procédez. »
b) Fonction
- Le plus souvent COD d’un verbe de parole, pensée, doute, enquête : demander, ignorer, savoir, expliquer, vérifier, comprendre…
c) Ponctuation et morphosyntaxe
- Pas de point d’interrogation interne ; la phrase prend la ponctuation de la principale.
- Pas d’inversion sujet-verbe : on dit « Je me demande qui vient », pas « qui vient-il ».
4) Méthode de reconnaissance en 5 étapes
- Repérez la forme verbale : infinitif ou participe → piste non fléchie ; mot interrogatif → piste interrogative partielle.
- Cherchez un sujet interne : s’il est exprimé et que le groupe est détaché, vous avez une participiale.
- Identifiez la dépendance : quel mot de la principale régit la subordonnée (verbe, adjectif, nom, l’ensemble de la proposition) ?
- Attribuez la fonction : COD, CC (temps, cause, but…), complément du nom/adjectif, sujet réel.
- Vérifiez la ponctuation (virgule pour la participiale ; absence d’inversion et de « ? » pour l’interrogative).
5) Exemples commentés
- Infinitive COD (contrôle du sujet)
« Vous espérez réussir. » → l’infinitif dépend de espérez ; sujet implicite = vous. - Infinitive avec sujet propre (accusatif + infinitif)
« Je vois le gardien fermer la grille. » → le gardien = COD de vois et sujet logique de fermer. - But non fléchi
« Pour récapituler, notez une synthèse. » → segment de but au groupe infinitif. - Participiale de cause
« Le projecteur étant défectueux, la séance est reportée. » → cause ; étant + sujet projecteur. - Participiale d’antériorité / résultat
« Les copies rendues, vous pouvez partir. » → résultat acquis avant l’action principale ; accord de rendues avec copies. - Interrogative partielle COD
« Nous ignorons pourquoi ils ont refusé. » → question ouverte rapportée ; pas d’inversion. - Interrogative partielle avec GP
« Dites-moi à qui vous pensez. » → à qui reprend un complément prépositionnel.
6) Cas limites et vigilance
- Faux sujets au gérondif/participial : évitez la discordance de sujet.
Incorrect : « En sortant, la porte claque. » (qui sort ?)
Correct : « En sortant, vous fermerez la porte. » ou participiale : « La porte fermée, le calme revient. » - Infinitif vs complétive en que : les deux existent selon le verbe et l’effet de sens.
« Il espère venir » / « Il espère que vous viendrez. » - Participiale ≠ apposition adjectivale : testez le sens verbal (temps, cause, condition) et la paraphrase par une subordonnée conjonctive.
- Interrogative partielle : pas de « est-ce que » dans la subordonnée ; pas d’inversion.
- Causatif + infinitif au passé composé : participe passé invariable avec faire et laisser suivis d’un infinitif.
« Je les ai laissé entrer. » ; « Je les ai fait travailler. »
Mini-synthèse
- Infinitive : verbe à l’infinitif, sujet implicite (contrôle) ou exprimé après perception/causation ; fonctions COD, complément ou but non fléchi ; possible sujet réel avec il explétif.
- Participiale : participe + sujet exprimé, détaché par virgule ; valeurs temps, cause, condition, opposition ; participe présent invariable, participe passé accordé selon les règles.
- Interrogative partielle : mot interrogatif + ordre canonique (sans inversion), COD le plus souvent ; ponctuation de la principale.
FAQ
Quand choisir pour que plutôt que pour + infinitif ?
- pour + infinitif convient si le sujet de l’action visée est le même que celui de la principale.
- pour que + subjonctif s’impose si le sujet change : « Parlez fort pour que tous entendent. »
La participiale exige-t-elle toujours un sujet exprimé ?
Oui en français scolaire : c’est sa marque. Sans sujet propre, on bascule vers un gérondif ou un participe présent rattaché au sujet de la principale.
Peut-on transformer une participiale en subordonnée conjonctive ?
Souvent oui : « Le professeur étant absent, le cours est annulé » → « Parce que le professeur est absent, le cours est annulé. »
Après les verbes de perception, faut-il l’infinitif ou que + indicatif ?
Les deux sont possibles selon l’effet :
- Infinitif → focalise l’action observée : « Je vois Paul partir. »
- que + indicatif → présente un fait : « Je vois que Paul part. »
Dans l’interrogative partielle, peut-on employer le subjonctif ?
Par défaut indicatif. Le subjonctif apparaît dans certains contextes de doute ou de subjectivité plus avancés, mais ce n’est pas l’usage scolaire de base.
Les infinitifs après à et de sont-ils toujours des subordonnées ?
Selon les grammaires, on parle plutôt de groupe infinitif que de « proposition ». En 3e, l’important est de reconnaître la dépendance et la fonction (COD, but, complément).
Petit rappel d’accord avec faire/laisser + infinitif au composé
Le participe passé de faire et laisser reste invariable quand ils sont suivis d’un infinitif : « Elle les a fait venir » ; « On les a laissé entrer ».