📌 Polysémie : un même mot peut avoir plusieurs sens selon le contexte.

📌 Dénotation : sens premier et référentiel d’un mot, neutre et descriptif.

📌 Connotation : valeurs associées au mot selon la culture, le contexte, le registre et l’intention.

Progression conseillée : polysémie en 6e, dénotation / connotation approfondies jusqu’en 3e.

1) Polysémie : comprendre les sens multiples d’un mot 🔎

a) Définition et intérêt

Un mot est polysémique quand il possède plusieurs acceptions.

Ex. : une feuille de papier / de plante ; un réseau routier / social.

b) Indices pour choisir le bon sens

  • Co-texte immédiat : mots voisins, déterminants, compléments.
    une feuille de classeune feuille de figuier.
  • Domaine et registre : sens usuel, technique, figuré, familier.
    un champ lexical (linguistique) ≠ un champ de blé (agriculture).
  • Construction grammaticale : verbe transitif, préposition, nature du complément.
    tirer sur la cordetirer de l’argent.
  • Images figées et collocations : associations fréquentes.
    poser une question, commettre une erreur.

c) Sens propre et sens figuré

Sens propre : lien concret avec l’objet.

Sens figuré : transfert d’image, métaphore ou métonymie.

Ex. : une lumière aveuglante (propre) / une aveuglante évidence (figuré).

💡 Astuce : si l’on peut visualiser littéralement, on est souvent au sens propre ; sinon, figuré.

2) Dénotation : le sens de base, stable et descriptif 🧾

a) Définition

La dénotation correspond au contenu objectif et commun d’un mot, tel qu’on le définirait dans un dictionnaire.

Ex. : chat : mammifère carnivore domestique du genre Felis.

b) Repères scolaires

La dénotation dépend :

  • du référent désigné (objet, action, qualité) ;
  • de la catégorie grammaticale ;
  • d’éventuels traits (espèce, fonction, forme).

🎯 En analyse : commencez par poser la dénotation, puis explorez la connotation.

3) Connotation : les nuances, l’évaluation, l’imaginaire 🎨

a) Définition

La connotation est l’ensemble des valeurs affectives, culturelles ou idéologiques associées à un mot au-delà de son sens référentiel.

b) Principales sources de connotations

  • Axiologie (valeur positive / négative) : mince (plutôt positif dans certains contextes) / maigre (plutôt négatif).
  • Registre : soutenu (demeure), neutre (maison), familier (baraque).
  • Domaine culturel : religieux, historique, scientifique, numérique.
  • Imagerie figurée : métaphores, comparaisons, symboles.
  • Contexte énonciatif : qui parle, à qui, où, avec quelle intention.

c) Effets sur la réception

Les connotations orientent l’interprétation, colorent le ton, suggèrent un jugement implicite.

Ex. : un militant (positif pour certains, négatif pour d’autres) montre que la connotation peut être variable.

4) Méthode d’analyse pas à pas 🧠

  1. Repérez le mot cible et relevez sa définition dénotative simple.
  2. Listez les indices de contexte (voisins lexicaux, domaine, registre, construction).
  3. Distinguez sens propre / figuré si nécessaire.
  4. Inférez les connotations possibles : axiologie, registre, imaginaire, intention.
  5. Validez par la cohérence avec l’ensemble du passage. Si plusieurs lectures coexistent, hiérarchisez la plus pertinente.

5) Exemples commentés ✍️

Une plume légère / une plume élégante

Dénotation : plume = instrument d’écriture ou élément de l’oiseau.

Polysémie + connotation : plume élégante → style d’écriture valorisant.

Un loup dans la bergerie

Dénotation : animal.

Figuré : élément dangereux introduit dans un groupe vulnérable.

Connotation : menace.

Il a une voix métallique

Dénotation : organe / son.

Connotation : froideur, dureté.

Une politique ambitieuse

Dénotation : qui vise grand.

Connotation : peut être positive (énergique) ou critique (démesurée) selon le co-texte.

Ce quartier est vivant

Dénotation : animé.

Connotation : positive si l’on valorise l’activité ; ambivalente si bruit / désordre suggérés ailleurs.

6) Outillage lexical pour travailler la connotation 🧰

  • Échelles de synonymes gradués : regarder → observer → scruter → dévisager.
  • Antonymes pour cadrer le champ : sobre ↔ clinquant.
  • Marqueurs d’axiologie : simple, pur, véritable, prétendu, soi-disant.
  • Adjectifs évaluatifs : remarquable, médiocre, somptueux, sordide.
  • Adverbes modalisateurs : sans doute, peut-être, certes, hélas.
  • Connecteurs qui orientent l’interprétation : mais, pourtant, cependant, en revanche.

7) Pièges fréquents et parades ⚠️

  • Confondre thème et famille de mots en cherchant la polysémie : fiez-vous au radical pour la famille, au contexte pour la polysémie.
  • Projeter vos propres connotations sans appui textuel : justifiez par des indices.
  • Prendre un sens technique pour un sens usuel : vérifiez le domaine (scientifique, juridique, informatique).
  • Ignorer l’ironie : un mot positif peut être ironique selon l’intonation et la suite du texte.
  • Oublier la variation culturelle : certaines connotations évoluent ou diffèrent selon les milieux.

8) Mini-synthèse 🧩

  • Polysémie : plusieurs sens pour un même mot, tranchés par le contexte.
  • Dénotation : sens de base, descriptif, partagé.
  • Connotation : nuances affectives, culturelles, évaluatives qui orientent la lecture.
  • Méthode : définir la dénotation, repérer le contexte, distinguer propre / figuré, déduire les connotations pertinentes.

FAQ ❓

Un mot a-t-il toujours des connotations ?

Souvent oui, même faibles. Mais on commence l’analyse par la dénotation, puis on vérifie si le contexte active des connotations.

Comment décider entre sens propre et sens figuré ?

Testez la prise au pied de la lettre. Si elle ne tient pas ou produit un effet d’image, vous êtes au figuré.

Les connotations sont-elles objectives ?

Elles dépendent du contexte et de la culture. Appuyez-vous sur des indices textuels et évitez les extrapolations personnelles non justifiées.

La polysémie peut-elle créer des jeux de mots ?

Oui, c’est la base de nombreux calembours et titres journalistiques. Le double sens repose sur deux acceptions activées ensemble.

Un dictionnaire suffit-il pour repérer la connotation ?

Il aide, mais la connotation se déduit surtout du co-texte, de la situation et du registre. Un dictionnaire des nuances ou des synonymes peut compléter.

Pourquoi travailler la connotation jusqu’en 3e ?

Parce qu’elle intervient dans l’interprétation des textes, l’argumentation et la réécriture au collège. Savoir orienter ou neutraliser les connotations est un outil d’écriture.